Mise au point : bienfaits et méfaits du THE et du CAFE...

Le thé paré de vertus à vérifier
mercredi 26 janvier 2005.
 

Le Temps de la médecine

Thé ou café ?

Le thé paré de vertus à vérifier

Le thé est la boisson la plus bue dans le monde après l’eau. Il est associé à des légendes et à des croyances multiples. Des études humaines encore peu nombreuses confirment certaines des vertus qui lui sont attribuées : prévention des maladies cardio-vasculaires, de l’ostéoporose et effet possible sur les tumeurs. Il reste à séparer l’effet propre du thé de celui des autres habitudes alimentaires.

LE THÉ est la boisson la plus riche en antioxydants, présents sous la forme de polyphénols. Le thé vert en est le mieux fourni : catéchine et ses dérivés - (épicatéchine, épicatéchine 3-gallate [ECG], épigallocatéchine [EGC], épigallocatéchine-3-gallate [EGCG], gallocatéchine-3-gallate [GCG]). Le thé noir, qui provient de la même plante (Camelia sinensis), est moins riche, car il a subi une oxydation pendant un processus de fermentation qui a transformé les flavonoïdes. Il contient des antioxydants de la série théaflavine et des catéchines.

Propriétés antioxydantes. Pour le thé le plus riche en antioxydants, le thé vert sencha (japonais), une tasse contient de 300 à 400 mg de polyphénols, dont 30 mg d’EGCG, qui possède des propriétés antioxydantes deux cents fois supérieures à la vitamine E. La vitamine C est également présente dans le thé, à raison de 250 mg pour 100 g en poids sec, ainsi que les vitamines B1, B2 et B6. Les études de l’activité antioxydante du plasma ont montré une élévation dans les 2 à 3 heures qui suivent la consommation d’une tasse de thé (Ron Prior et coll.). On sait que de nombreuses conditions morbides sont associées à une augmentation des phénomènes oxydatifs et donc du besoin en antioxydants : maladies chroniques (cancer et son traitement, sida, diabète...), maladies cardio-vasculaires, maladies neurodégénératives (Alzheimer), états où l’inflammation intervient, stress oxydatif par les UVB et le vieillissement en général (avec des modulations individuelles). Deux facteurs sont responsables de l’agression de l’organisme par les radicaux libres. Outre la formation de radicaux libres, il existe des phénomènes de glycation non enzymatique des protéines, des lipides et de l’ADN aboutissant à des complexes sucres-protéines irréversibles qui altèrent leurs propriétés physico-chimiques et biologiques. Des chercheurs étudient maintenant l’utilisation d’antioxydants en complément des médicaments conventionnels pour prévenir ces pathologies ou aider le traitement. Ron Prior (USDA Human Nutrition Research Center en Aging, université du Connecticut) montre que le thé est placé en première position, comparé à 22 autres plantes, pour ce qui concerne le pouvoir antioxydant (absorption des radicaux libres). Sur le modèle d’étude biologique Caenorhabditis elegans, ver bien connu des laboratoires, fort de 959 cellules et dont le vieillissement présente des similitudes avec celui des organismes supérieurs, il a été constaté une réduction de la durée de vie sous l’effet d’un stress oxydatif induit par des UVB, effet qui peut être réduit par l’ajout de polyphénols du thé.

L’intérêt du thé vert. Un certain nombre de travaux ont été faits chez les humains. Ils confirment la valeur thérapeutique attribuée au thé vert par les Chinois et las Japonais depuis longtemps. Des études épidémiologiques ont montré que, chez les populations à risque de cancer du poumon, de l’estomac ou de l’œsophage, les buveurs réguliers de thé sont moins touchés. En Chine, dans les régions où le thé vert est consommé, on a constaté une réduction de l’incidence du cancer de l’estomac de 31 %. Les taux d’infarctus du myocarde et d’AVC sont plus bas dans les populations consommant du thé, après correction des variables qui entraînent une confusion (montré dans une étude à Boston, pour une consommation de une ou deux tasses par jour, Mukhtar H. 2000, « The American Journal of Clinical Nutrition », 71 ; 6 : 1698-1702). L’étude Zutphen, aux Pays-Bas, a été la première à révéler une corrélation entre la dose des flavonoïdes du thé prise par des personnes âgées et les risques d’AVC et d’infarctus du myocarde. Des études chez le rat indiquent une possibilité de modulation de la TA (par la catéchine). Les résultats sont à confirmer chez les humains. Il faudrait une consommation quotidienne de dix grandes tasses de thé vert, ce qui n’est pas souhaitable (voir encadré). Des propriétés antitumorales et anticancéreuses ont été mises en évidence dans de nombreuses études réalisées chez l’animal (prévention et réparation). Premier pas de l’étude des effets des polyphénols sur la carcinogenèse humaine, des analyses du mode d’action de ces composés sont encourageantes (inhibition de l’oxydation de l’ADN, élimination des carcinogènes, inhibition de réplication de cellules cancéreuses). Mais la confirmation épidémiologique ou par étude d’intervention est encore attendue. Il existe aussi des phytoestrogènes dans le thé, ce qui peut expliquer une moindre prévalence de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées en Asie. Il a été montré une densité osseuse plus élevée d’environ 5 % en moyenne avec une tasse de thé par jour (réduction de 10 à 15 % du risque de fractures, Hegarty V. M., « Am J Clin Nutr », 2000 ; 71 (4) : 1003-1021). En 2001, une étude a indiqué un effet anticariogène (Hamilton et Miller, « J of Medical Mibrobiolog », 50 (4) : 299-302). Elle suggère que boire du thé réduirait l’apparition et la sévérité des caries. Mais elle ne constitue qu’une première piste, le nombre des études étant limité.

> Dr BÉATRICE VUAILLE

D’après des informations communiquées par le Dr Marvin Edeas lors du 5e Salon international du thé, à Paris. On peut lire : « Thé Magazine » n° 14, novembre 2004, www.tea-magazine.com.

La théine

Il y a dans 170 ml de café entre 40 et 200 mg de caféine. Dans le même volume de thé, on trouve de 20 à 70 mg de théine (c’est la même molécule).

Le thé, mode d’emploi Environ 85 % des antioxydants du thé sont libérés dans les trios pendant les cinq premières minutes d’infusion. La caféine et les tanins (amers) sont ensuite libérés. Il est donc inutile de faire infuser plus longtemps. L’eau ne doit pas être à plus de 80 °C (eau frissonnante), température au-delà de laquelle les antioxydants sont dénaturés. Par ailleurs, on sait que les polyphénols contenus dans le thé se lient au fer provenant de l’alimentation (la viande en particulier) et les bloquent dans l’intestin, formant des complexes insolubles qui empêchent le fer d’être absorbé. Pour éviter cet inconvénient, il est conseillé de rester dans des limites raisonnables de consommation, de boire le thé de préférence en dehors des repas et d’ajouter du lait ou du citron.

Sagesse du bouddhisme et mainmise anglaise

TOUT COMMENCE en Chine en 2737 avant notre ère. Selon la légende, l’empereur Shen Nung, voulant se désaltérer, fait bouillir de l’eau à l’abri d’un arbre, lorsqu’une légère brise agite les branches. Quelques feuilles se détachent, se mêlent à l’eau, lui donnant une couleur et un parfum délicat. Cependant, l’art du thé reste lié au nom de Bodhidharma, ce prince indien parti prêcher le bouddhisme en Chine. Les vertus du thé lui permirent de rester éveillé pendant les six dernières années de son apostolat. A partir de la seconde moitié de la dynastie Tang (618-907), sous l’impulsion du maître Lu Yu, le thé devint une boisson quotidienne et le breuvage de prédilection des poètes et des artistes. Le Japon le découvre au VIIe siècle, mais il ne connaît son apogée qu’au XVIe siècle, avec la codification de la cérémonie du thé (chanoyu), d’inspiration zen. Ce sont les Hollandais qui, les premiers, l’introduisent en Europe, avant que les Anglais ne s’en approprient l’usage et ne remplacent leur boisson fétiche, le café, par du thé. Leur politique offensive vise à évincer leurs concurrents (Hollandais et Français), pour s’assurer le monopole des transactions avec la Chine. Commence alors la guerre de l’opium. Jugeant les prix prohibitifs, les Anglais introduisent de façon illicite de l’opium en Chine, de façon à créer une dépendance et de créer une monnaie d’échange qui leur évite d’expatrier leur or. Le nombre d’intoxiqués passera de deux millions de Chinois en 1850 à cent vingt millions en 1878. L’Angleterre en interdira le commerce quelques décennies plus tard. C’est aussi un conflit à propos des taxes excessives sur le thé qui va ouvrir la guerre d’indépendance américaine. Les colons de Boston décident de boycotter les importations de thé et jettent à la mer la cargaison de la « Boston Tea Party ». Le thé reste aujourd’hui la première boisson mondiale après l’eau. Plus que pour le café, sa consommation s’inscrit dans un rituel souvent codifié, Voie du thé des Orientaux ou five o’clock des Anglais.

> Dr I. C.

La caféine sous toutes ses formes

DU FAIT de sa présence dans le café, le thé, certains sodas, le chocolat et des préparations alimentaires, la caféine est la substance pharmacologiquement active la plus consommée au monde. Chaque année, 120 000 tonnes sont consommées dans le monde, dont 54 % en rapport direct avec le café (le reste provient du thé, des sodas et du chocolat). L’effet de la caféine sur l’organisme semble complexe. Au niveau cellulaire, cette substance inhibe les phosphodiestérases, elle modifie les flux intracellulaires de calcium, agit comme un antagoniste des récepteurs à l’adénosine et diminue significativement le NO exhalé par modification de la concentration en cGMP. Au sein du système nerveux central, la caféine pourrait réduire le turnover de la noradrénaline et, de ce fait, agir comme un régulateur de l’humeur. Par ailleurs, la caféine agit comme stimulant de la sécrétion de rénine plasmatique et majore la production hormonale adrénergique de la médullo-surrénale. Les deux effets conjugués pourraient induire une hypertension artérielle chez les sujets à risque. En 1983, une étude a prouvé que la caféine peut se lier de façon transitoire à certains récepteurs cellulaires aux opioïdes, ce qui pourrait expliquer son effet favorable sur la douleur. Le degré de caféine des différentes formes de café (filtre, expresso, soluble...) est variable selon les préparations et c’est l’infusion - en particulier lorsqu’elle est longue comme dans les cafés dits américains - qui solubilise le plus la caféine.

Dans la pharmacopée. Depuis le XVII°siècle, le café est utilisé pour ses propriétés stimulantes nerveuses et psychiques. Dès 1810, on lui attribue aussi des propriétés tonicardiaques, diurétiques et stimulantes de la digestion. En 1838, le café vert est inscrit à la pharmacopée française. Par la suite, la caféine est utilisée en pneumologie, du fait de son action antispasmodique bronchique, et on lui reconnaît une action vasoconstrictrice périphérique (vaisseaux pulmonaires, coronaires, rénaux et cérébraux, d’où son action sur la migraine). En 1895, la pharmacopée française inclut pour la première fois une solution de caféine injectable utilisable au même titre que la cocaïne ou la quinine comme stimulant. Dans le « Vidal » édition 2005, il n’existe qu’une forme de caféine injectable - la caféine Cooper - indiquée dans l’apnée du nouveau-né prématuré et 22 spécialités sous forme de comprimés destinés à lutter contre la douleur et la migraine ou utilisables comme stimulants. La caféine est en outre utilisée comme excipient dans le Diergospray et pour ses propriétés sur la microcirculation dans un produit topique amincissant : la Percutaféine.

> Dr I. C.

A tous les dosages

-  Café filtre passé à la main (tasse de 60 ml) : 60 mg.
-  Café filtre passé à la machine : 57 mg.
-  Café expresso : 34 mg.
-  Café instantané : 26 mg.
-  Décaféiné : 5 à 10 mg.
-  Thé (tasse de 80 ml) : 16-18 mg.
-  Cacao (200 ml) : 10-20 mg.
-  Cola (150 ml) : 23 à 43 mg.

Le catalogue des méfaits et bienfaits du café

Entre 2002 et aujourd’hui, plus de 300 études relatives à l’effet du café et de la caféine sur la santé ont été publiées. Les résultats de ces travaux sont parfois contradictoires, comme c’est souvent le cas en nutrition. Si la balance entre effets favorables et défavorables reste équilibrée, certaines publications pourraient inciter à la mise en place d’études spécifiques sur l’effet pharmacologique de la caféine.

Effets défavorables

Cancers Les premières études qui ont suggéré un effet cancérogène du café datent des années 1970 aux Etats-Unis. Elles étaient fondées sur l’analyse des registres de cancers qui existent dans l’Utah depuis 1960. L’une des particularités de cette région vient du fait qu’une importante communauté mormone y vit, dans les environs de Salt Lake City. Or, l’un des principes de cette religion est l’interdiction de consommer des boissons alcoolisées et des excitants (café ou thé). Les premières études liant le café et certains cancers (sein, côlon, vessie) se fondaient donc sur l’analyse comparative des taux de cancers dans les populations mormones et non mormones. Dans ces conditions, on conçoit que ces travaux aient pu être biaisés par d’autres facteurs (alimentation plus saine, tendance plus marquée à l’exercice physique...).

Cancer du sein Une analyse menée sur les 81 cas de cancer du sein de l’homme diagnostiqués au Canada entre 1994 et 1998 semble indiquer que les hommes qui consomment plus de 4 tasses de café par jour seraient moins susceptibles d’être atteints de ce type de néoplasie. En raison du faible nombre de cas recensés, une étude à plus grande échelle serait nécessaire pour préciser le lien entre l’alimentation et ce type de cancer. Une étude menée sur 508 267 femmes-années en Suède n’a retrouvé aucun lien entre la consommation de café et la survenue d’un cancer du sein.

« Eur J Cancer Prev », 2002 Jun ; 11(3) : 253-263. « Ann Epidemiol », 2002 jan ; 12 (1) : 21-26.

Cancers de la vessie et du côlon Si, dans les années 1980 et 1990, des études avaient montré un lien entre la consommation de café et la survenue de cancers de la vessie, de nouvelles publications semblent innocenter cette boisson, même lorsqu’elle est consommée en grande quantité. En revanche, le café pourrait majorer le risque de cancer du côlon et du rectum, selon l’analyse pratiquée sur plus de 1 800 malades et 2 118 sujets contrôles. L’une des explications biologiques de cette majoration du risque cancéreux serait la diminution de sécrétion exogène de cholestérol et d’acide biliaire en rapport avec la consommation de caféine. Mais un effet mutagène direct du café sur les cellules coliques ne peut être exclu.

« Eur J Cancer Prev », 2002 Apr, 11(2) : 137-145. « Cancer Causes Control », 2004 Oct 15(8) : 743-757.

Oeil En 2002, devant l’existence d’études contradictoires sur l’effet du café sur la pression intraoculaire, des ophtalmologistes israéliens ont analysé les modifications de la tension de l’œil selon la quantité de café ingérée. Ils ont conclu que les personnes souffrant de glaucome à tension normale ou d’hypertension oculaire doivent éviter de consommer plus de 180 mg de caféine par jour, en raison du risque majoré de majoration de la pression oculaire chez les sujets à risque de glaucome.

« Ann Pharmacother », 2002 Jun ; 36(6) : 992-995.

Cerveau Boire plus de 6 tasses de café par jour pourrait aussi majorer le risque d’hémorragies méningées chez les porteurs d’anévrisme cérébral. Néanmoins, aucun lien entre café et saignement méningé n’a été détecté chez les sujets exempts de malformation vasculaire.

« Journal of Neurology and Neurosurgery and Psychiatry », 2002, 73 : 112.

Reproduction Du fait de l’effet de la caféine sur les catécholamines, les acides gras libres et les nucléotides cycliques, il n’est pas exclu que le café puisse être doté d’un effet mutagène et tératogène. De fait, le taux de fausses couches et de naissance d’enfants mort-nés semble être proportionnel à la consommation de café.

« Fertil Steril », 2004 Feb ; 81(2) : 384-392. « Paediatr Perinal Epidemiol », 2003 Oct, 17(4) : 316-323.

Dermatologie Près de 40 % des personnes qui travaillent dans la production de café avant que les grains ne soient torréfiés se plaignent de symptômes allergiques : prurit, conjonctivite, rhinite et parfois asthme. Par ailleurs, 10 % des sujets souffrant de dermatite atopique déclarent que leur symptômes cutanés sont majorés par une consommation excessive de café.

« Allergy », 37(5) : 313-322.

Coeur et hypertension En 1983, une étude parisienne menée sur 6 321 adultes concluait à l’absence d’effet du café sur la tension artérielle. Mais cette étude a par la suite été contredite par de nombreuses publications qui tendaient à prouver que l’abus de caféine pourrait induire chez les sujets à risque une hypertension artérielle. En 2004, des chercheurs américains attribuaient au café un effet négatif sur la pression artérielle des hommes par le biais d’une majoration des résistances vasculaires non compensées par une majoration de débit cardiaque. Par ailleurs, le café associé à la cigarette pourrait contribuer à rendre l’aorte plus rigide et moins capable de supporter des à-coups tensionnels. Un travail mené en Finlande en 2004 tendrait à prouver que chez les hommes d’âge moyen - stressés par ailleurs - le café augmente de façon dose-dépendante le risque de maladie coronarienne. En revanche, dans les suites d’un premier accident cardiaque, le risque de nouvel infarctus du myocarde ne semble pas majoré par la consommation de café.

« Am J Cardiol », 1983, 52(10) : 1238-1242. « J Am Coll Cardiol », 2004 Nov 2 ; 44(9) : 1911-1917. « J Nutr », 2004 Sep 134(9) : 2381-2 386. « Am Heart J », 2004 Jun 147(6) : 999-1004. « Am J Cardiol », 2004 Apr 15 ; 93(8) : 1022-1026.

Effet sur les lipides Trente sujets sains ne consommant pas habituellement de café ont été soumis pendant 28 jours à un régime incluant la prise quotidienne de trois cafés instantanés. A l’issue de ces quatre semaines, le taux de cholestérol total moyen était majoré significativement (+ 20 %), ainsi que le taux de HDL cholestérol (+ 34 %). Un autre travail expérimental réalisé sur une population mixte de 30 personnes conclut à l’absence d’effet sur les concentrations en HDL cholestérol et triglycérides pour les deux sexes. Chez les hommes, seul un effet positif sur le cholestérol total et le LDL cholestérol a été noté.

« Afr J Med Sci », 2001 ; 30(1-2) : 43-45. « Nutr J », 2003 Oct 4 ; 2 (1) : 8.

Polyarthrite rhumatoïde Depuis 2001, plusieurs publications ont suggéré un lien entre le café et l’apparition ou l’évolution d’une polyarthrite rhumatoïde. Une récente analyse à grande échelle incluant plus de 121 000 femmes conclut à la possible existence d’une telle association mais avec un degré de significativité faible.

« Arthritis Rheum », 2003 Nov, 48(11) : 3 055-3 060.

Sommeil Il a fallu attendre 2002 pour qu’une étude rigoureuse prouve l’effet du café sur le sommeil et la sécrétion endocrine de mélatonine. Ce travail conclut que la prise de café trois à six heures avant l’heure du coucher influe négativement sur la qualité du sommeil et diminue significativement la sécrétion de mélatonine. Les auteurs concluent que « les sujets ayant des problèmes à l’endormissement doivent donc éviter de consommer du café dans les six heures précédant le coucher ».

« Sleep Med »,2002 May 3(3) : 271-273.

Effets favorables

Appareil uro-génital Chez les hommes d’âge moyen, la consommation de plus de 3 tasses de café par jour pendant deux semaines permet d’améliorer le volume mictionnel sans modifier le débit urinaire de pointe. La motricité des spermatozoïdes semble favorisée par la consommation de café. C’est pour cette raison que des expériences d’enrichissement du milieu de conservation des spermatozoïdes hypokinétiques en caféine ont été tentées pour améliorer les tentatives de procréation médicalement assistées. Mais ces expériences n’ont jamais été favorables.

« Neurol Urodyn », 2002 ; 21(5) : 491-494.

Maladie de Parkinson Un lien entre la consommation de café et l’évolution des signes neurologiques en rapport avec la maladie de Parkinson a été démontré à la fin des années 1990. Or ce lien n’existe que dans le sexe masculin. Il semblerait que les estrogènes utilisés en traitement substitutif de la ménopause puissent interférer avec le café dans cette situation. Un travail publié en 2004 ne retrouve pas en effet de différence entre les sexes dans une cohorte où les femmes ne bénéficient pas d’un tel traitement. Dans des modèles animaux de rats rendus progressivement parkinsoniens, l’utilisation de caféine permet de retarder l’évolution de la maladie par rapport aux animaux témoins.

« Am J Epidemiol », 2004 Nov 15 ; 160(10) : 977-984. « Parkinsonism Relat Disord »,2004 Dec 10(8) : 465-468

Mémoire Un travail mené chez 1 600 personnes de plus de 80 ans vivant en Californie suggère que les personnes qui ont consommé du café régulièrement tout au long de leur vie ont un risque diminué de troubles mnésiques liés à l’âge. Par ailleurs, une étude menée chez des hommes âgés de 24 à 81 ans tend à prouver que la consommation de café est significativement associée à une amélioration de la mémoire à long terme, de la capacité à anticiper et des performances aux tests psychomoteurs. Enfin, une étude rétrospective californienne menée sur une population mixte conclut à un effet favorable sur la mémoire des femmes de plus de 80 ans d’une consommation régulière de café au cours de la vie.

« Am J Epidemiol », 2002 Nov 156(9) : 842-850. « Hum Psychopharmacol », 2000 ; 15(8) : 573-581. « Am J Epidemiol », 2002 Nov 1 ; 156(9) : 842-850.

Foie L’analyse de la survenue de cirrhoses dans une population norvégienne de plus de 51 000 adultes suivis durant dix-sept ans montre que la consommation de 2 tasses de café par jour diminue de 40 % le risque de cirrhose, y compris chez les patients en surconsommation alcoolique. Dans le même ordre d’idées, le café pourrait protéger contre les hépatocarcinomes cellulaires, comme le suggère une étude italienne sur 834 cas survenus entre 1984 et 1998, qui conclut à une baisse de 30 % du risque chez les personnes consommant au moins 3 tasses de café par jour. Enfin, un travail récent publié en janvier 2005 montre que chez les personnes à haut risque de maladie hépatique (en particulier les alcooliques) le taux des enzymes hépatiques est significativement moins élevé chez les plus grands consommateurs de café.

« Ann Epidemiol » 2003, 13(6) : 419-423. « Br J Cancer » 2002, 21 ; 87(9) : 956-959. « Gastroenterology », 2005 Jan 128(1) : 24-32.

Cancer Le café pourrait aussi se révéler protecteur contre d’autres types de cancers : un travail publié en 2003 suggère que les consommateurs habituels ont un risque de cancer de la bouche, du pharynx et de l’œsophage diminué par rapport aux abstinents.

« Oral Oncol », 2003 ; 39(7) : 695-700.

Migraine Par son effet vasoconstricteur des artères cérébrales, le café et la caféine sont reconnus comme des traitements actifs sur les migraines et les céphalées chroniques quotidiennes. Chez les adolescents, le sevrage brutal en caféine, lié à une baisse de la consommation de sodas, peut induire des céphalées importantes, voire, chez les plus sensibles à ce phénomène, des céphalées chroniques quotidiennes.

« Cephalalgia », 2004 Apr 24(4) : 241-249.

Humeur Administrer de façon expérimentale de la caféine à dose fixe tous les matins (2 mg/kg) durant deux semaines à des volontaires sains induit, lorsque le sevrage de caféine est brutal, une baisse des performances et des troubles de l’humeur. C’est cette activité modulatrice de l’humeur qui a longtemps été recherchée dans l’adjonction de caféine à des médicaments régulateurs de l’humeur. Une étude menée sur les adultes de plus de 65 ans se considérant comme du matin montre que la prise de caféine (au moins 3 tasses de café au cours de la matinée) permet de pallier la baisse spontanée du niveau de performances cognitives de l’après-midi. Par ailleurs, les sujets qui prenaient de la caféine étaient moins enclins à s’accorder une sieste postprandiale.

« Psychopharmacology », 2002, 164(3) : 241-249. « Psychol Sci », 2002, Jan ; 13(1) : 68-71. « Cephalalgia », 2003 Jun 23(5) : 332-335.

Régulation de la glycémie Par l’effet des polyphénols qu’il contient, le café pourrait être doté d’un effet modulateur du passage systémique du glucose au niveau de l’intestin grêle. Une étude publié en 2003 confirme ces données expérimentales in vivo et suggère que l’acide cholinergique contenu dans le café pourrait agir comme un antagoniste du transport du glucose. Chez les 9 sujets testés, les taux de glycémie et d’insulinémie étaient systématiquement minorés chez ceux qui buvaient du café non décaféiné.

« J Intern Med », 2004 ,Jun 255(6) : 645-652. « Diabetologia », 2004 Dec 47(12) : 2 152-2 159.

Régulation du transit Si le chocolat - qui, pourtant contient de la caféine - est perçu par plus de 50 % des sujets comme un aliment favorisant la constipation, le café permet de lutter contre ce type de trouble du transit pour près d’un quart des personnes interrogées. Il semblerait, en outre, que la prise concomitante de café et de cigarettes induirait un ramollissement des selles chez la quasi-totalité des consommateurs.

« Eur J Gastroenterol Hepatol », 2005 jan 17(1) : 109-112.

Pancréatite Chez les alcooliques à risque majoré de pancréatite aiguë, l’incidence de cette pathologie semble minorée chez les plus grands consommateurs de café. Mais chez les sujets qui, en plus, fument, le café n’aurait plus d’effet favorable. Pour les auteurs, les cigarettes pourraient être dotées d’un effet toxique direct que le café ne pourrait contrecarrer.

« Am J Gastroenterol », 2004 Apr 99(4) : 731-738.

> Dr ISABELLE CATALA

L’aversion des femmes enceintes

En 2004, une étude menée sur 105 femmes enceintes (de quatre à neuf semaines d’aménorrhée, SA) suggérait que l’aversion pour le café pourrait, au même titre que les nausées ou les vomissements, constituer un des premiers signes de grossesse. Les futures mères âgées de 18 à 40 ans étaient toutes des consommatrices habituelles ou occasionnelles de café. Elles ont noté, durant les cinq semaines de l’étude, leur consommation quotidienne de café et l’intensité des signes fonctionnels habituels. Parallèlement, une analyse urinaire des taux de bêta hCG et de progestérone a été effectuée. A 9 SA, 96 % des femmes déclaraient avoir réduit, voire totalement suspendu leur consommation de café. Pour 65 % d’entre elles, il s’agissait de la seule aversion alimentaire notable. Pour les autres femmes, le dégoût du café s’accompagnait de réticences à manger de la viande, des plats épicés ou des produits laitiers. L’analyse des variations des taux urinaires de ß hCG et de progestérone montre un lien significatif entre l’augmentation de ces deux hormones et l’intensité du dégoût du café. Pour les auteurs, « parmi les signes avant-coureurs de grossesse, le plus fréquemment représenté reste les nausées (98 %), la baisse de la consommation de café se situe en deuxième ligne (96 %) avant la perte d’appétit (93 %) et très loin devant les vomissements (54 %) ». >>>>« Reprod Toxicol 7, 2004 Jul ; 18 (5) : 625-633.

Attention au dopage

Un taux limite de caféine (AFP) Dans le cadre de la réglementation sur les produits dopants, le Comité international olympique, considérant que la caféine peut favoriser l’entraînement et les résultats en compétition, a fixé un taux limite pour les sportifs de haut niveau. Lorsque cette décision a été mise en place, nombre d’athlètes qui avaient dépassé le seuil fixé ont affirmés avoir été dopés « à leur insu » : outre dans le café et certains sodas, la caféine est présente dans des produits énergétiques, des boissons alcoolisées et des compléments alimentaires destinés aux sportifs. Si la caféine n’améliore pas directement la capacité d’oxygénation maximale, elle permet au sportif de s’entraîner de façon plus intense et plus prolongée en minimisant les signes de fatigue et en améliorant l’endurance. Prise sous forme de comprimés, la caféine permet d’améliorer les performance pendant un temps variant de 60 secondes à 2 heures selon les sujets. Elle agit en outre de façon synergique avec d’autres substances dopantes telles que l’épinéphrine et certains anti-inflammatoires. Le mécanisme d’action de la caféine semble assez complexe : elle contribuerait à améliorer l’oxydation des graisses, à mieux utiliser le glycogène musculaire et à créer un environnement ionique musculaire favorable. >>>>« Sports Med », 2001 ; 31(11) : 785-807.

http://www.quotimed.com/journal/index.cfm ?fuseaction=viewarticle&DartIdx=205982


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