L’urgentiste Patrick Pelloux part avec équipe française pour le Sri Lanka

mardi 11 janvier 2005.

Une équipe de médecins français, dont l’urgentiste Patrick Pelloux, est partie dimanche de l’aéroport de Roissy pour le Sri Lanka en vue de mettre en place un premier jumelage avec des hôpitaux de pays d’Asie touchés par le tsunami.

Cette équipe, qui part pour l’hôpital général de Matara, au sud du pays, avec 100 kilos de matériel, comprend également Sébastien Massip, directeur adjoint du CHU de Toulouse, Max Plantavid, médecin généraliste au CH de Montauban, et Daniel Roux, chirurgien au CHU de Toulouse.

Selon Patrick Pelloux, "jamais on n’a mobilisé comme ça les hôpitaux français pour aller aider". Et il a insisté sur la nécessité d’agir dans la durée : "si on arrive avec un grand cirque, qui reste quelques semaines et repart avec les caméras, ça marche pas".

Tout en rappelant qu’une initiative française de ce type avait été mise en place "avec succès" dans le cadre de la lutte contre le sida, sous l’autorité de Bernard Kouchner, Patrick Pelloux a souligné qu’il s’agissait d’une "première", puisque le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy a obtenu "le soutien de l’Europe".

Le président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (Amuhf) s’attend "à tout" et "à voir l’horrible", évoquant "des structures complètement détruites, l’épuisement des personnels qui sont là -bas". Mais il assure être "très serein, très concentré sur ce qu’(il) va faire", en conluant : "j’y crois".

Daniel Roux, lui, sera "l’oeil du chirurgien". S’il devra avant tout évaluer les besoins, il n’exclut pas d’exercer son métier : "Si je vois qu’il y a des gestes à faire, je les ferai, bien évidemment".

La "participation à l’activité médico-chirurgicale", tout en n’étant pas la mission première, fait partie de la feuille de route remise dimanche à Roissy par M. Douste-Blazy.

"Lorsque tout sera bien mis en place, une convention de coopération sera signée avec l’hôpital de Matara", explique M. Massip. qui compare l’établissement, d’une capacité de 1.000 lits, à un "gros centre hospitalier général français".

Edouard Couty, directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère, explique que cette initiative est complémentaire des ONG : "la grande urgence a commencé à être traitée par les ONG. Derrière, il faut faire repartir ces hôpitaux dans la durée, aussi normalement que possible".

Selon lui, 200 personnels hospitaliers se sont portés volontaires pour partir.

Cette première mission, qui va durer 10 jours et à la fin de laquelle M. Massip signera un "protocole de jumelage" avec son homologue de Matara, sera suivie par beaucoup d’autres.

D’ores et déjà , une seconde, composée de médecins du CHU de Lille, partira en début de semaine pour Meulaboh, une ville totalement dévastée de la région d’Aceh, en Indonésie.

A terme, selon les besoins des différents hôpitaux, des équipes, notamment de la région Midi-Pyrénées, se relaieront pour assister les personnels locaux.

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